Bavure pédagogique à l’université Alger II

Sans établir de concertation avec le Comité
des responsables des masters, le critère
administratif vient, s’immisçant dans le critère
pédagogique et scientifique, de se distinguer,
une fois de plus, par une ineptie de taille, à
l’université Alger II. En effet, y est diffusée
avec frénésie ces jours-ci, l’idée «neuve», selon
laquelle «il faudra fermer tous les masters
qui n’ont pas la licence de base», idée qui,
si elle était vraiment réfléchie et comprise
par ses propres initiateurs, écarterait de
l’enseignement en master bien des enseignants
qui ne s’en servent que pour justifier, sans apport
aucun, leur emploi du temps et leurs heures
supplémentaires. Le LMD a ceci de novateur
et de spécifique, relativement à l’enseignement
du système classique, qu’il systématise de
façon très rigoureuse une évolution des études
du premier au troisième cycle, en passant par
le second, pyramidal ; c’est-à-dire que du tronc
commun (L1) jusqu’à la soutenance du doctorat,
l’étudiant poursuit un cursus de plus en plus
spécialisant. Ceci veut dire que la formation
en licence devient plus pointue dans le master,
lequel master évolue, dans le cycle doctoral,
vers la recherche de pointe. Dans les pays d’où
l’Algérie a importé le LMD (il n’y a qu’à ouvrir
les sites de toutes les universités françaises) et
même en Algérie, lorsque l’université fonctionne
selon des règles universelles, l’ensemble des
masters comptent deux noms différents dans
leur intitulé : celui de la mention (discipline,
licence de base ou filière de 180 crédits
ou ex-licence du système classique).
Exemples : sociologie, orthophonie,
psychologie, chimie… et celui de la
spécialité. Exemples : sociologie du travail ;
phoniatrie ; les TCC ; chimie industrielle… Dans
la spécialité du master, il faut donc avancer à
partir de ce qui a été acquis dans le L3 et non
s’y recycler, voire retourner au tronc commun
et au L2. Donc, les masters qu’il faut plutôt
fermer sont ceux-là, qui, gaspillage parfait,
recréent la licence de base avec les mêmes
intitulés de master, les mêmes modules et les
mêmes enseignants que ceux qu’elle renferme.
Le progrès dans un LMD avec des offres de
formation de pointe et non tubulaires, contre
lesquelles la DSFG du ministère met d’ailleurs
en garde, ferait alors de notre université un lieu
d’études modernes et utiles au pays… Et comme
ce sont les plus nombreux, ceci pallierait et
réglerait d’emblée le problème lié au manque
de locaux de cours au campus de Bouzaréah. Ce
serait trop beau !
Pr Nacira Zellal
Présidente de la Société algérienne de
neurosciences (SAN)

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