Archive pour la catégorie 'Articles et communications'

Article du 13.06.2011, journal Elyawm

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Publié dans:Articles et communications |on 14 juin, 2011 |Pas de commentaires »

TRAITEMENT DE L’INTELLIGENCE EN MILIEU EDUCATIF ALGERIEN

UNIVERSITE DE PRINTEMPS 19-27 AVRIL 2002,  Université Saad Dahlab – BLIDA

Je voudrais mettre le doigt sur ce qui me paraît être le nœud réel du problème de l’échec de l’école algérienne, puis proposer des solutions qui me paraissent applicables à court terme.

Je dois dès l’abord préciser que je m’inscris radicalement à contre courant des thèses sociologiques utilisées pour en rendre compte. En effet, en marge d’une connaissance de spécialiste de la psychologie de l’enfant, (et faire acquérir le savoir scolaire à l’enfant relève bien de la psychologie génétique), il est difficile, voire vain, de croire pouvoir apporter une explication valablement fondée, à la dramatique situation des familles, au lendemain des résultats de l’exemple du baccalauréat. Cet examen reste, en effet, le miroir de l’aboutissement du cursus éducatif.

Ainsi donc, je puise personnellement, ma matière, des concepts de la psychologie de l’acquisition, ayant, dans mes tout premiers pas de chercheur, commencé par réfléchir sur l’acquisition de la parole et de son sens, par le biais de la phonologie, chez l’enfant arabophone.

L’idée d’écrire cette contribution, prend corps à partir d’un constat que je fais auprès de mes étudiants de magister : lorsque je dicte des données, leurs têtes se baissent de façon automatique, en synchronie, et ils sont satisfaits. A l’inverse, lorsque je leur demande de m’écouter sans écrire, ils sont comme frustrés. Lorsque je leur pose une question d’intelligence, formulée en marge de tout « par-coeurisme », je m’aperçois que l’esprit de synthèse leur fait cruellement défaut. Ils ne font qu’analyser ce qu’ils entendent, répéter passivement des bribes retenues de mémoire. Aucune teneur informationnelle neuve n’existe dans leurs énoncés, alors que dans l’opération cognitive de synthèse, il s’agit d’interpréter du sens pour en recréer, le tout en fonction des compétences intellectuelles, bref il s’agit de sécréter de l’idée de façon active, ce qui permettra de devenir chercheur-producteur. L’objectif, c’est qu’en tant que cadre de la nation, ils puissent devenir au plan socio-économique efficaces et utiles, bref capables d’entreprendre, autonomes. L’équilibre social s’en suivra.

Mon constat : nous formons des étudiants-potasseurs, des êtres que nous a préparés l’école fondamentale comme étant des assimilateurs mécaniques, des êtres qui resteront dépendants, assistés. Or l’Algérie a besoin de producteurs pour conquérir son indépendance scientifique-économique, sa paix. Or, tout est importé. Comme si l’algérien était un impotent, un décérébré. Est-ce donc là une fatalité ? Certes non. C’est ce que je vais démontrer, en rendant opératoires les concepts de la psychologie cognitive, c’est-à-dire de l’acquisition.

-1- Toute la vie est faite d’acquisitions, à ceci près que si l’enfant acquiert, domaine du cognitivisme, l’adulte apprend, domaine de la didactique. L’esprit de synthèse, de chercheur s’acquiert, puis il est enseigné, exercé : c’est la fonction qui fait l’organe. Et, ce sont les interactions positives et constantes avec l’environnement (et l’environnement des acquisitions scolaires c’est l’école), qui développent constamment l’intelligence, et ce, quel que soit le milieu social de l’enfant. Les brillants éléments ne sont pas des fils de savants ni d’un milieu aisé. Comme image, donnons celle de la feuille d’arbre qui tient sa couleur verte de la synthèse qu’elle effectue du soleil. En interaction avec ses rayons, elle les assimile d’abord passivement, puis les traite activement pour les transformer en vie.

 Ceci laisse prévoir ma réaction aux thèses qui préconisent que le déterminisme de l’échec scolaire algérien, serait contenu dans la diade école/société. Sinon, comment alors expliquer que dans des pays où sévissent la misère et donc le déséquilibre social, une élite parvient quand même à se regénérer? Nous assistons, en Algérie, à une cassure caractéristique entre générations. La preuve, c’est que dans les années 50-60, et malgré la tourmente, des hommes de science ont pu émerger. Pourquoi, depuis les années 70 (année du démarrage de la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement), des doctorants ne savent pas rédiger un texte? Pourquoi, des enfants de grands chercheurs échouent quatre fois au baccalauréat ? 85% d’échec à cet examen en disent long !

Pourquoi l’élite ne se reproduit plus ? Il existe des personnes de 70 ans qui n’ont pas été à l’école, mais qui possèdent une culture, un savoir écrire et un savoir faire que n’ont pas des Docteurs actuels ? De quels mécanismes profonds infère cette rupture ?

 Le point de vue sociologique-socialisant n’en rend pas compte. Ses tenants se sont arrêtés aux réflexions des années 68, au cours desquelles les méthodes scolaires traditionnelles, du fait qu’elles étaient moyennement intéressantes, ne faisaient pas de mal, ni de bien. Elles laissaient donc les générations se reproduire naturellement. A cette époque, l’école pouvait, en effet, être un reflet de la société. C’est la lecture que j’en fais en tous les cas. Venir donc, d’Outre-mer avec des airs de samaritains pour tenter de nous expliquer, voire préconiser des investissements algériens à même de nous permettre de redécouvrir le sens du terme « élite », c’est noyer le problème comme on noie le poisson dans l’eau ! L’Algérie comprend aujourd’hui. Si l’élite n’est pas l’instance productrice de science et d’autonomie, attendons-en donc la découverte du sens qui fera le miracle de la solution.

 Ce faisant, et au diapason du fulgurant développement des sciences cognitives, psycholinguistiques et de la communication au sein de pays comme la France (pour prendre l’exemple du pays moderne le plus proche), l’on reste vigilant et conscient que ces sciences humaines connaissent, depuis justement les années 70 (!), des prolongements pédagogiques devenus tels, que chez eux, le baccalauréat n’est qu’une formalité, et que le fils d’ouvrier réussit aussi bien que celui de l’universitaire.

 La science pédagogique a pour objet l’école. Cet objet c’est l’exploitation de moyens variés, à même de conduire l’enfant à être créatif. C’est l’enseignement d’un savoir. L’action pédagogique s’inscrit donc parfaitement dans les sciences de la communication, et la littérature enseigne que les théories de la communication sont l’œuvre de linguistes, et non de psychologues ou de sociologues.

Shématiquement : la communication est signifiant doté d’une structure formellement organisée par des lois, objet de la linguistique. Ce signifiant véhicule un signifié, objet de la psychologie, dont la teneur informationnelle sert à communiquer du sens, lequel est le fait de la compétence et de la personnalité.

A l’école : le signifié-savoir est véhiculé par le signifiant-livre scolaire. Sa communication à l’élève peut être considérée comme étant « la psycholinguistique ou la science de la communication scolaire ou encore pédagogie ».

Alors, pour traiter le mal pédagogique algérien, ne faut-il donc pas aller à sa source ? Ce signifiant scolaire est clairement malade dans sa structure et son fonctionnement internes. Il faut d’abord s’y attaquer, en ayant au moins la franchise d’en reconnaître la claire inadéquation aux lois du développement cognitif de l’enfant universel. La solution coulera de source, tout comme l’acte chirurgical démarre de la tomographie de la lésion organique.

La tomographie psycholinguistique du livre scolaire algérien a été faite par Malika GREFFOU, puis par moi-même (article paru dans Algérie-Actualité en 1989). Je n’en rappellerai que le fait que LA LANGUE ACADEMIQUE SENSEE ETRE LE SIGNIFIANT DU SAVOIR UNIVERSEL N’EST PAS ENSEIGNEE A L’ECOLE ALGERIENNE. Les conséquences psycholinguistiques sur l’esprit de l’enfant sont lourdes. La psychologie piagétienne enseigne qu’à 6 ans l’enfant passe de l’oral, (qui, par définition est le fait du dialogue, lequel et par définition aussi, est axé sur la phrase),  à l’écrit, (qui par définition est le fait du texte, lequel, et par définition aussi, est axé sur la discursivité)

Si la phrase incite au raisonnement sur les choses de la vie quotidienne, le texte dans la couleur de ses mots, son caractère suggestif, incite au raisonnement sur le savoir abstrait. Entre 6-8 ans la fonction hypothético-déductive atteint son apogée chez l’enfant : il fait ses thèses, ses hypothèses, crée ses synthèses, remet en cause, argumente, invente, dépasse son monde immédiat. L’enfant rêve. Toute l’intelligence de l’avenir est construite à cette tranche d’âge, tranche d’âge vulnérable donc. Le merveilleux du conte, le texte civilisationnel et culturel font, par conséquent, sa passion.   

Or, à l’école fondamentale le livre de base véhicule-signifiant premier du savoir, est le livre de langage  « Lis et apprends ». Et de 06 à 12 ans, ce livre est fondé sur de la traductiontransmission du texte culturel d’auteurs consacrés. Alors comment élaborer du sens, du raisonnement, à partir de phrases bêtes sans contenu intellectuel? Comment rêver ? Comment réfléchir à partir de phrases au schéma toujours identique ? Bref, l’enfant reste tardivement prisonnier de l’oral, cela contrarie, voire bloque son développement cognitif naturel. Arrivé à l’Université, il est trop tard. en arabe académique de phrases et de mots de la vie quotidienne, tout comme s’il les corrigeait ;  et non sur de 

Or encore, la traduction est destinée à la didactique d’une langue étrangère pour l’adulte qui veut parler une autre langue que la sienne.

En Algérie, en1970, 1980, 1990, les tenants des sciences de l’éducation et de la psychologie, qui constituaient donc le personnel le mieux placé pour approcher de façon scientifique le mode scolaire, n’ont pas suivi le développement des sciences psycholinguistiques et cognitives, faute de quoi, je pense qu’ils auraient réagi, ne fut-ce que par des écrits. Les thèse.                                                                   

sociologiques tentent de combler le vide. La faiblesse de leur démonstration réside dans leur incapacité de publier des solutions à même de reconstruire l’indépendance d’esprit de l’élève-cadre algérien. Pour eux, il faut changer le social et la famille (et la plupart des projets de recherche que j’expertise vont dans ce sens), en sachant pertinemment qu’il ne s’agit pas là d’une solution scientifique, mais relevant de la magie.

A explication scientifique : solution scientifique.

Si j’ai convaincu en expliquant que le livre de base des acquisitions scolaires et savantes n’est pas celui du raisonnement producteur d’idées et de liberté d’action, alors observons le cheminement de ma logique dans l’explication des autres niveaux éducatifs :

Au CEM : une multitude de matières, l’élève en apprend jusqu’à 13 !, fait que cette atomisation didactique empêche l’esprit de synthèse. Même lire, pour un peu s’évader, serait illusoire, au vu de la dose de devoirs à la maison. Impossible de construire hypothèses et thèses.

Dès la première année secondaire, l’élève est orienté vers une section. En langues, les mathématiques et la physique sont secondaires, dont perte caractéristique des matières de logique, donc de raisonnement. En sciences et mathématiques, ce sont les matières littéraires et humaines qui deviennent secondaires. Ici c’est la culture, c’est-à-dire ce qui construit l’Homme de demain qui est sacrifiée. Le tout, à l’heure où la pluridisciplinarité qui fait la modernité des savoirs dans un processus de mondialisation, fait fureur dans les pays à la pointe des savoirs.     

En graduation, le bachelier arrive avec des mécanismes installés, comment l’en sortir ? l’éclatement des comités des enseignants par spécialités, d’où pas de synthèse ni de coordination inter-cours ; 2) la poursuite du processus d’atomisation didactique (parfois plus de 20 modules par an !) ; les très graves différences de niveau entre les enseignants, par ailleurs souvent alléchés et assistés par l’accès à des équivalences estimées à la baisse ; 4) la sujétion du critère scientifique et de la compétence, à celui administratif et de la médiocrité, pour plus assister le cadre ; 5) la méfiance, voire le rejet fondamentalement dus à une panne de morale, elle-même conséquence de l’inévitable baisse du niveau général, de notions, pourtant universelles, comme celles de patron, d’intelligentsia, d’élite, de fondateur, bref de tout ce qui représente celle-même de repère pour un intéractionnisme positif étudiant/environnement,… sont autant de facteurs qui compromettent, de toute évidence, l’esprit de synthèse créative d’idées et de sens de l’entreprise dans le futur.

Cette difficulté d’accès aux thèses au sens psychologique, entravera de fait l’accès aux thèses au sens académique, doctoral et des productions.

Le parfait nivellement par le bas en milieu universitaire des valeurs universelles, parachevé au cours de ces dernières années, comme les mêmes attributions au grade d’assistant et au rang magistral, pour tenter de bien les confondre, vient renforcer, voire valider le processus d’assistance du cadre, devenu une passive entité, aux besoins socio-économiques incommensurables voire inquiétants. La représentativité quasi nulle de l’Algérie au sein des congrès mondiaux, en est la preuve fracassante. En dresser comme argument exclusif l’absence de moyens matériels n’est qu’un leurre ! Des algériens ont bien pu conquérir un niveau scientifique mondial, et ce, avec les moyens et les entraves sociales que no

connaissons tous. Quand elle existe, une thèse est exprimée. C’est la pédagogie de l’enfance qui forge l’esprit frondeur.            

Au sujet des solutions : elles se profilent aisément en filigrane:

-         il faut préparer l’enfant au raisonnement, à l’exercice de la créativité scientifique, à la capacité d’abstraire, de rêver : toute découverte scientifique commence par un rêve ; les problématiques en recherche sont des rêves. Concrètement : remplacer le livre de didactique pour adulte étranger par le livre cognitif pour enfant algérien. Remplacer la phrase audio-visuelle par le texte culturel. Remplacer le vocabulaire concret quotidien du livre de langage, par des livres d’histoires, de contes. Et la langue arabe, sa poésie, ses textes, se prête justement à la suggestion du rêve, des hypothèses, des synthèses et des thèses. Cela résoudrait le problème financier du coût de l’impression-édition de livres élaborés par des commissions de bureaucrates. Les commissions administratives ne sont pas des auteurs consacrés, encore moins des poètes ;

-         il faut cesser de perdre du temps à réfléchir sur les méthodes et les contenus pédagogiques, lesquels, universels, existent dans le monde. Il suffit de les rapporter, en vue de les adapter à travers les moyens qui existent ;

-         il faut favoriser la créativité au CEM, en diminuant le « par-coeurisme » abrutissant de très nombreuses matières, souvent inintéressantes.

-         Il faut préparer, dans le secondaire, à l’esprit de synthèse de l’ensemble des disciplines pour construire le futur étudiant-producteur. L’internet fournit des voies innombrables : lui demander, par exemple, de s’exercer en faisant des comptes rendus d’événements technologiques, scientifiques, politiques, littéraires ; de disserter au sujet d’un thème.

-         Donner à l’universitaire le sens de l’exposé, en l’accompagnant sur le terrain des problématiques ; lui montrer comment observer, vérifier des faits, comment démontrer et conclure, bref, comment argumenter et convaincre. Il sera convaincu par ses idées. Alors il les imposera, il s’imposera, quelles que soient les oppositions, bref, il sera autonome. Autonomie = Progrès = Indépendance = Paix = Société Heureuse et Equilibrée.

Contrairement donc aux explications psycho-sociales, l’école façonne le tissu social, et non  l’inverse. La mère qui fera la société de demain, c’est l’élève d’aujourd’hui. Le modus social ne tombe pas tel quel du ciel, il a une genèse.

Pr Nacira ZELLAL

Directrice du Laboratoire :

SLANCOM – Université d’Alger

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

                                             

Publié dans:Articles et communications |on 30 décembre, 2010 |Pas de commentaires »

Réhabilitation Vocale en Milieu Clinique Plurilingue

  Le patient laryngectomisé a subi l’exérèse (l’ablation) de son larynx. Par conséquent, il ne peut plus respirer par les voies aériennes supérieures naturelles, la bouche et le nez ; il respire grâce au trachéostome, orifice situé à la base du cou auquel est abouché la trachée. La disparition du larynx signifie aussi la disparition des cordes vocales, et donc la perte de la voix. Cependant, la parole est à nouveau possible grâce à d’autres moyens.Le problème de la réhabilitation vocale des laryngectomisés n’a jamais cessé d’être d’actualité depuis la première laryngectomie pratiquée par BILLROTH en 1873.
Depuis 122 ans, des chirurgiens, des médecins, des ingénieurs, des fabriquants d’instruments médicaux, des rééducateurs, des amis d’opérés, mais également des opérés eux mêmes, ont proposé une multitude de procédés pour redonner la voix à ceux dont le larynx a été enlevé : larynx artificiels, prothèses phonatoires internes et canalizations…, tout ceci dans un débordement d’imagination exceptionnel !

Actuellement, il devient parfois difficile pour les opérés de s’y retrouver parmi les possibilités de réhabilitation vocale : la voix trachéo œsophagienne, très satisfaisante sur le plan phonique mais qui présente quelques contraintes et réclame un suivi prolongé, la voix oro œsophagienne (voix œsophagienne classique) difficile à acquérir mais sans contrainte ni suivi, elle permet à de nombreux patients de pouvoir à nouveau s’exprimer oralement, et ainsi de communiquer avec leur entourage. Des orthophonistes prennent en charge, les patients qui souhaitent acquérir cette voix de substitution, qui consiste à ingérer de l’air, et à renvoyer cet air par l’oesophage, afin de reproduire la parole. Quelques semaines de rééducation sont nécessaires pour acquérir cette nouvelle voix.

Chez le sujet laryngectomisé, la voix oesophagienne doit être posée à travers l’usage de manuels de rééducation adaptés au parler du sujet.

Il était donc indispensable de proposer au laryngectomisé algérien, un protocole phonétique et phonologique en arabe, amazight et  français.Il faut souligner le fait que le sujet est souvent analphabète et / ou comprend mal le français, langue à l’aide de laquelle était souvent pratiquée la rééducation.

Nous proposons ici, les résultats d’une recherché doctorale consacrée au développement d’un outil phonétique et phonologique de réhabilitation vocale utilisable en milieu clinique algérien.

Cette étude présente, en outre, une évaluation objective des résultats à partir de l’analyse acoustique des corpus au moyen du sonagraphe.

PROBLEMATIQUE :

 I- Élaborer et mettre en œuvre en milieu ORL un protocole trilingue: Arabe-Français-Amazigh

 II- Évaluer les résultats de façon objective : utilisation du sonagraphe

 PROCEDURES :

 Nous utilisons les techniques suivantes :

 * Le mécanisme de l’injection vocalique de F. LEHUCHE , ( Masson, 1991), méthode qui consiste à mettre en place des consonnes injectantes

-* Le système phonétique et phonologique de l’arabe dialectal, tel qu’enseigné par le Pr. N. ZELLAL (OPU, 1984 et 1991)

* Note: Les degrés de différenciation entre les pratiques régionales de l’arabe dialectal

seront pris en considération au moment de la passation du bilan.

eg : l’uvulaire [q] du système d’Alger est réalisée comme une laryngale [µ ] à Tlemcen, et une postdorsopostpalatale sonore [g] à Oran

LA REEDUCATION PHONIATRIQUE OU ORTHOPHONIQUEAprès suppression complète des cordes vocales en raison d’une laryngectomie total, il est proposé au malade d’acquérir une voix de substitution, appelée « voix œsophagienne ». Elle correspond à des éructations sonores (renvois d’air préalablement avalé dans l’estomac) qui sont modulés par l’œsophage et le pharynx, puis par la bouche. Les spécialistes préconisent de débuter l’apprentissage de cette voix oesophagienne le plus tôt possible après l’intervention, sous la conduite d’un orthophoniste. C’est un travail qui demande persévérance et courage de la part du malade. En effet, seul un travail assidu de sa part permet d’aboutir à l’utilisation réflexe du mécanisme. Différentes méthodes seront proposées au patient qu’il choisira en s’informant auprès du chirurgien ORL, de l’orthophoniste, d’anciens patients rééduqués. Mais l’important  dans toute prise en charge,  c’est d’aborder dans un contexte linguistique qui s’adapte au parlé du patient algériens arabe /amazigh/ français.

 LES GRANDES ÉTAPES DE LA RÉÉDUCATION

 Elle est presque toujours indispensable, la nécessité qu’a le patient d’utiliser sa voix le mène à utiliser tous les moyens pour pouvoir communiquer avec autrui.
La rééducation doit être prescrite avant la chirurgie, afin d’avoir les meilleurs résultats.
Faisons un petit rappel de la prescription de la rééducation car trop souvent les malheureuses orthophonistes sont perdues : en général, les séances durent trente minutes et sont suivies 2 fois par semaine, avec de petits exercices à faire régulièrement chez soi. C’est l’apprentissage nécessaire de ce que l’on appelle

« le geste vocal »

- Il faut savoir écouter et regarder son patient pour comprendre comment                                                « il fonctionne vocalement ». Il est souhaitable de pouvoir enregistrer la voix pathologique afin de pouvoir lui faire entendre et prendre conscience des progrès.

- Il faut schématiquement lui expliquer le fonctionnement vocal afin qu’il puisse comprendre la nécessité du travail qui va lui être proposé.

- Tout commence en général par apprendre ou réapprendre à respirer et à corriger la posture. La respiration doit être thoraco-abdominale, la posture verticale, sans tensions  des muscles cervicaux, des mâchoires, avec les épaules en position basse. Parfois, il faut faire un peu de relaxation pour arriver à obtenir la détente nécessaire.

- Une rééducation respiratoire est toujours associée à la rééducation vocale. Elle permet d’éviter un blocage inspiratoire, en apprenant au patient à effectuer une expiration forcée par mobilisation de la sangle abdominale. Elle fait partie des exercices de relaxation nécessaires à la rééducation. Elle est aussi nécessaire, en cas de bronchite chronique pour faciliter l’expectoration des sécrétions bronchiques.

Lorsque la respiration et la posture sont correctes, on commence un travail vocal spécifique en fonction des  altérations acoustiques rencontrées.

C’est un travail « à la carte », qui doit savoir aussi s’adapter à l’environnement familial, professionnel et aux contraintes particulières du patient.

LE BUT

Rétablir le fonctionnement physiologique de l’émission vocale en retrouvant le contrôle de la hauteur, de l’intensité et les qualités du timbre, sans fatigue ni forçage.
Il faut désapprendre un geste qui est faux pour en apprendre un nouveau qui est adapté, ce qui passe par une phase consciente avant de devenir automatique.

 RESULTATS :

 Nous aboutissons:

 À travers la mise en œuvre d’un protocole consonantique dans les trois systèmes phonétiques, en opérant de façon simultanée dans les trois systèmes, en prenant préalablement le soin de déterminer lors de l’anamnèse, le profil linguistique du patient

برتوكول متعدد اللغات لإعادة التأهيل الصوتي لمستأصل الحنجرة الكلي بالوسط الإكلينيكي الجزائري

Protocole plurilingue de réhabilitation vocale

Pour sujets laryngectomisés total en milieu clinique Algérien

I- ANAMNÉSE:Objectif: Permet de déterminer le profil linguistique du patient, et détecter les troubles vocaux.

 II- SONS ET SYLLABES:

 Objectif :

 Cette épreuve a pour but le perfectionnement de l’intonation a travers la durée: après chaque prise d’air l’émission sonore sera plus longue, les mots ne seront plus coupés, il en résulte une plus grande rapidité de la parole

Matériel :

 Il se compose de voyelles associées à des consonnes  dans l’ordre présenté par                    F. LEHUCHE

 III- ARTICULATION

 Objectif:Conçue en arabe dialectal, français et amazight, cet item permet:

L’amélioration de la vitesse qui permet d’articuler plus de syllabes dans une même prise d’air.

 Matériel et Passation:

 Faire écouter ou lire puis demander d’articuler

Exemple d’un item trilingue faisant intervenir la bilabiale sourde [p]: c’est un phonème que nous trouvons dans des mots d’emprunt, ex. [pla:s]

 * Nous approfondissons l’approche: Nous ne nous arrêtons pas à ce niveau de notre travail scientifique -clinique: nos résultats sont évalués de façon objective, ce, à travers l’analyse acoustique des corpus des patients après rééducation, à l’aide du sonagraphe

 Mesurer  la production vocale implique l’étude de 03 paramètres acoustiques de la voix :
-
L’hauteur tonale ou fréquence fondamentale, exprimée en Hertz, représentée par le nombre de cycle vibratoire (ouverture – fermeture) par seconde

- L’intensité, exprimée en décibels,

- Le timbre

Le signal acoustique de la voix est très instable, et la voix varie en permanence dans son intensité et dans sa hauteur (intonation). Les 3 paramètres acoustiques peuvent être étudiés séparément, indépendamment les uns et des autres ou mesurés en même temps. Cela dépend des moyens d’analyse dont on dispose
Une des premières questions que l’on doit se poser est : Que va-t-on quantifier pour apprécier la qualité de la voix ? Sur quel matériel phonétique va-t-on travailler ?
Les différentes mesures doivent permettre d’évaluer la qualité de la voix et surtout la gêne du patient, d’apprécier ce que va apporter le traitement proposé, qu’il soit médical, chirurgical ou rééducatif et donc de faire le même bilan instrumental avant et après. Cela dépend donc de la profession du patient, du temps et des moyens dont on dispose.

CONCLUSION

Cette recherche a 02 ordres d’apports scientifiques, pédagogiques et clinique:

Ø- celui de dresser un protocole phonétique trilingue qui seras mis à la disposition de l’orthophoniste des services d’ORL algériens

Ø- celui de ranger les critères acoustiques du système phonétique et phonologique du laryngectomisé une fois rééduqué, ce qui présente l’avantage de disposer d’un système normatif acoustique.

 —————————-

 1-, 2003, Les mutilés de la voix, Journée d’étude, Département de Psychologie, de sciences de l’Education, et de l’Orthophonie, Université d’Alger, 20mars2003

2-……………………..,2004, La voix après lez silence, Journée d’étude, Département de Psychologie, de sciences de l’Education, et de l’Orthophonie, Université d’Alger, 20mars2003

3-Nacira ZELLAL (sous la dir), 2005, Lamia BENMOUSSA, N. TIGAMOUNINNE, N. LARIBI, S. LAMARA MOHAMED, Terminologie arabe en science humaine, base pour un dictionnaire, Société Algérienne d’Orthophonie et le Laboratoire Science du la Langage et de la Communication, Revue VOULOIR, Rouiba, Alger, novembre, pp. 17-19.

4- Lamia BENMOUSSA, 2006, Réapprendre à parler en milieu clinique Algérien, X°Journées Médico-Chirurgicales du CHU Beni Messous, table ronde sur la pathologie du larynx, CHU Beni Messous, 18 janvier

 Dr. L. BENMOUSSA

Orthophoniste, chercheur
 

Publié dans:Articles et communications |on 29 décembre, 2010 |Pas de commentaires »

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