Sciences du langage et neurosciences : L’expérience pluridisciplinaire

Deux ouvrages à l’OPU sur les sciences du langage viennent de paraître. Le premier, collectif, sous la direction du professeur Nacera Zellal, est le deuxième numéro de la revue du laboratoire Slancom : Sciences du langage – Neurosciences cognitives – Communication. Il est en fait le septième d’une série de numéros lancés en 1993 sous l’appellation : Revue scientifique de la société algérienne d’orthophonie, Orthophonia.

Les thèmes qui y sont développés répondent à un va-et-vient constant de la pratique vers la théorie, des diverses approches de la communication et de sa pathologie. Les congrès internationaux, organisés régulièrement dans le monde depuis une dizaine d’années, montrent bien l’intérêt des biologistes et des médecins pour la place et le rôle prépondérants des sciences humaines, notamment cliniques, dans le vaste champ des neurosciences. Ce numéro met précisément l’accent sur cette place et ce rôle, embrassant, sous l’intitulé Sciences du langage, traductologie et neurosciences, autant d’expériences en linguistique, en psychologie, en traductologie, en didactique, en physique acoustique, qu’en médecine et en épidémiologie, en d’autres termes, toutes les diverses approches d’un objet scientifique commun : «l’homme communicant». Pari difficile à réaliser que de mettre autour d’une même table des chercheurs nationaux et internationaux : médecins ORL, linguistes, psychologues, orthophonistes, acousticiens, traductologues, terminologues… ! La réussite de cette expérience, pluridisciplinaire fut-elle, encourage à relever d’autres défis de ce genre. D’ailleurs, à travers son article introductif : «Sciences du langage et neurosciences ou de l’acquisition à la pathologie, en passant par la description linguistique et la didactique», Nacira Zellal propose une synthèse à la base d’une explication actuelle et globale des sciences humaines. Outre les nombreuses expériences pratiques rapportées dans cet ouvrage de 367 pages parfaitement présentées et illustrées, est également proposée, en langue anglaise, conformément aux monographies du Cross Linguistic Aphasia Study (CLAS), 1990, John Benjamins Publishing Company, USA, la monographie sur L’agrammatisme en langue arabe, à laquelle, vu l’importance et la spécificité du document, est réservé un espace important. Préfacée par Jean Metellus et évaluée par André Rock Lecours, cette recherche a été achevée en 1992. C’est la première monographie du genre pour la langue arabe. Elle a été réalisée dans le cadre d’un accord programme de coopération algéro-français (ex-université d’Alger/université de Toulouse Le Mirail). Elle rapporte, outre une classification des déficits grammaticaux dans l’aphasie du sujet arabophone, une description fine des structures morpho-syntaxiques fragiles versus résistantes dans l’aphasie ayant conduit vers leur explication théorique d’ordre psycholinguistique-cognitif. Les techniques thérapeutiques en découlent, tout comme en médecine le soin découle de l’étiologie de la maladie. La présentation des corpus en transcription interlinéaire selon la méthodologie anglo-saxonne justifie, pour ce numéro, le choix d’un format en 21/29,7. La transcription phonétique des performances pathologiques est en effet la base de tout travail clinique. Ainsi, en psychologie, que le trouble soit cognitif ou instrumental, il est à rechercher dans la langue maternelle orale qui n’est ni traduisible ni à écrire comme on écrit une langue académique. La phonétique est la science de l’oral, elle permet de transcrire les données cliniques du patient, afin de les observer de façon scientifique. Or, depuis l’indépendance, le psychologue «écrit» ou traduit en français l’oral, ce qui relève de «recettes et de techniques personnelles» et non d’une démarche objective et scientifiquement justifiée. Appliquées dans cette monographie avec un maximum de rigueur, les règles théoriques de la phonétique serviront l’étudiant et le clinicien chercheur. Le second livre est une deuxième édition du Guide de méthodologie de la recherche postgraduée, paru à l’OPU, en mars 1996 et dans laquelle Nacira Zellal a utilisé les sciences humaines et sociales comme exemple d’application. Dans ce nouvel ouvrage, le domaine d’application des principes et des techniques de recherches qu’elle propose est celui des sciences commerciales, partant de sa propre expérience de professeur associé à l’INC (Ben Aknoun, Alger). Avec une pédagogie exemplaire, elle expose les différents procédés d’un travail de recherche, leur gestion et la présentation formelle d’un mémoire ou d’une thèse. Elle fournit des «astuces» d’ordre pratique pour mener à terme et dans le délai imparti un travail de recherche satisfaisant. La grande originalité de ce guide consiste en l’explication des règles de rédaction de l’exposé théorique d’une recherche, partie qui pose souvent problème, application faite d’un exemple con-cret : «Le marché monétaire». Les chercheurs en gestion, en économie, en droit des affaires y trouveront aussi un précieux enseignement.

Publié dans : Neurosciences Cognitives | le 29 décembre, 2010 |Pas de Commentaires »

Réhabilitation Vocale en Milieu Clinique Plurilingue

  Le patient laryngectomisé a subi l’exérèse (l’ablation) de son larynx. Par conséquent, il ne peut plus respirer par les voies aériennes supérieures naturelles, la bouche et le nez ; il respire grâce au trachéostome, orifice situé à la base du cou auquel est abouché la trachée. La disparition du larynx signifie aussi la disparition des cordes vocales, et donc la perte de la voix. Cependant, la parole est à nouveau possible grâce à d’autres moyens.Le problème de la réhabilitation vocale des laryngectomisés n’a jamais cessé d’être d’actualité depuis la première laryngectomie pratiquée par BILLROTH en 1873.
Depuis 122 ans, des chirurgiens, des médecins, des ingénieurs, des fabriquants d’instruments médicaux, des rééducateurs, des amis d’opérés, mais également des opérés eux mêmes, ont proposé une multitude de procédés pour redonner la voix à ceux dont le larynx a été enlevé : larynx artificiels, prothèses phonatoires internes et canalizations…, tout ceci dans un débordement d’imagination exceptionnel !

Actuellement, il devient parfois difficile pour les opérés de s’y retrouver parmi les possibilités de réhabilitation vocale : la voix trachéo œsophagienne, très satisfaisante sur le plan phonique mais qui présente quelques contraintes et réclame un suivi prolongé, la voix oro œsophagienne (voix œsophagienne classique) difficile à acquérir mais sans contrainte ni suivi, elle permet à de nombreux patients de pouvoir à nouveau s’exprimer oralement, et ainsi de communiquer avec leur entourage. Des orthophonistes prennent en charge, les patients qui souhaitent acquérir cette voix de substitution, qui consiste à ingérer de l’air, et à renvoyer cet air par l’oesophage, afin de reproduire la parole. Quelques semaines de rééducation sont nécessaires pour acquérir cette nouvelle voix.

Chez le sujet laryngectomisé, la voix oesophagienne doit être posée à travers l’usage de manuels de rééducation adaptés au parler du sujet.

Il était donc indispensable de proposer au laryngectomisé algérien, un protocole phonétique et phonologique en arabe, amazight et  français.Il faut souligner le fait que le sujet est souvent analphabète et / ou comprend mal le français, langue à l’aide de laquelle était souvent pratiquée la rééducation.

Nous proposons ici, les résultats d’une recherché doctorale consacrée au développement d’un outil phonétique et phonologique de réhabilitation vocale utilisable en milieu clinique algérien.

Cette étude présente, en outre, une évaluation objective des résultats à partir de l’analyse acoustique des corpus au moyen du sonagraphe.

PROBLEMATIQUE :

 I- Élaborer et mettre en œuvre en milieu ORL un protocole trilingue: Arabe-Français-Amazigh

 II- Évaluer les résultats de façon objective : utilisation du sonagraphe

 PROCEDURES :

 Nous utilisons les techniques suivantes :

 * Le mécanisme de l’injection vocalique de F. LEHUCHE , ( Masson, 1991), méthode qui consiste à mettre en place des consonnes injectantes

-* Le système phonétique et phonologique de l’arabe dialectal, tel qu’enseigné par le Pr. N. ZELLAL (OPU, 1984 et 1991)

* Note: Les degrés de différenciation entre les pratiques régionales de l’arabe dialectal

seront pris en considération au moment de la passation du bilan.

eg : l’uvulaire [q] du système d’Alger est réalisée comme une laryngale [µ ] à Tlemcen, et une postdorsopostpalatale sonore [g] à Oran

LA REEDUCATION PHONIATRIQUE OU ORTHOPHONIQUEAprès suppression complète des cordes vocales en raison d’une laryngectomie total, il est proposé au malade d’acquérir une voix de substitution, appelée « voix œsophagienne ». Elle correspond à des éructations sonores (renvois d’air préalablement avalé dans l’estomac) qui sont modulés par l’œsophage et le pharynx, puis par la bouche. Les spécialistes préconisent de débuter l’apprentissage de cette voix oesophagienne le plus tôt possible après l’intervention, sous la conduite d’un orthophoniste. C’est un travail qui demande persévérance et courage de la part du malade. En effet, seul un travail assidu de sa part permet d’aboutir à l’utilisation réflexe du mécanisme. Différentes méthodes seront proposées au patient qu’il choisira en s’informant auprès du chirurgien ORL, de l’orthophoniste, d’anciens patients rééduqués. Mais l’important  dans toute prise en charge,  c’est d’aborder dans un contexte linguistique qui s’adapte au parlé du patient algériens arabe /amazigh/ français.

 LES GRANDES ÉTAPES DE LA RÉÉDUCATION

 Elle est presque toujours indispensable, la nécessité qu’a le patient d’utiliser sa voix le mène à utiliser tous les moyens pour pouvoir communiquer avec autrui.
La rééducation doit être prescrite avant la chirurgie, afin d’avoir les meilleurs résultats.
Faisons un petit rappel de la prescription de la rééducation car trop souvent les malheureuses orthophonistes sont perdues : en général, les séances durent trente minutes et sont suivies 2 fois par semaine, avec de petits exercices à faire régulièrement chez soi. C’est l’apprentissage nécessaire de ce que l’on appelle

« le geste vocal »

- Il faut savoir écouter et regarder son patient pour comprendre comment                                                « il fonctionne vocalement ». Il est souhaitable de pouvoir enregistrer la voix pathologique afin de pouvoir lui faire entendre et prendre conscience des progrès.

- Il faut schématiquement lui expliquer le fonctionnement vocal afin qu’il puisse comprendre la nécessité du travail qui va lui être proposé.

- Tout commence en général par apprendre ou réapprendre à respirer et à corriger la posture. La respiration doit être thoraco-abdominale, la posture verticale, sans tensions  des muscles cervicaux, des mâchoires, avec les épaules en position basse. Parfois, il faut faire un peu de relaxation pour arriver à obtenir la détente nécessaire.

- Une rééducation respiratoire est toujours associée à la rééducation vocale. Elle permet d’éviter un blocage inspiratoire, en apprenant au patient à effectuer une expiration forcée par mobilisation de la sangle abdominale. Elle fait partie des exercices de relaxation nécessaires à la rééducation. Elle est aussi nécessaire, en cas de bronchite chronique pour faciliter l’expectoration des sécrétions bronchiques.

Lorsque la respiration et la posture sont correctes, on commence un travail vocal spécifique en fonction des  altérations acoustiques rencontrées.

C’est un travail « à la carte », qui doit savoir aussi s’adapter à l’environnement familial, professionnel et aux contraintes particulières du patient.

LE BUT

Rétablir le fonctionnement physiologique de l’émission vocale en retrouvant le contrôle de la hauteur, de l’intensité et les qualités du timbre, sans fatigue ni forçage.
Il faut désapprendre un geste qui est faux pour en apprendre un nouveau qui est adapté, ce qui passe par une phase consciente avant de devenir automatique.

 RESULTATS :

 Nous aboutissons:

 À travers la mise en œuvre d’un protocole consonantique dans les trois systèmes phonétiques, en opérant de façon simultanée dans les trois systèmes, en prenant préalablement le soin de déterminer lors de l’anamnèse, le profil linguistique du patient

برتوكول متعدد اللغات لإعادة التأهيل الصوتي لمستأصل الحنجرة الكلي بالوسط الإكلينيكي الجزائري

Protocole plurilingue de réhabilitation vocale

Pour sujets laryngectomisés total en milieu clinique Algérien

I- ANAMNÉSE:Objectif: Permet de déterminer le profil linguistique du patient, et détecter les troubles vocaux.

 II- SONS ET SYLLABES:

 Objectif :

 Cette épreuve a pour but le perfectionnement de l’intonation a travers la durée: après chaque prise d’air l’émission sonore sera plus longue, les mots ne seront plus coupés, il en résulte une plus grande rapidité de la parole

Matériel :

 Il se compose de voyelles associées à des consonnes  dans l’ordre présenté par                    F. LEHUCHE

 III- ARTICULATION

 Objectif:Conçue en arabe dialectal, français et amazight, cet item permet:

L’amélioration de la vitesse qui permet d’articuler plus de syllabes dans une même prise d’air.

 Matériel et Passation:

 Faire écouter ou lire puis demander d’articuler

Exemple d’un item trilingue faisant intervenir la bilabiale sourde [p]: c’est un phonème que nous trouvons dans des mots d’emprunt, ex. [pla:s]

 * Nous approfondissons l’approche: Nous ne nous arrêtons pas à ce niveau de notre travail scientifique -clinique: nos résultats sont évalués de façon objective, ce, à travers l’analyse acoustique des corpus des patients après rééducation, à l’aide du sonagraphe

 Mesurer  la production vocale implique l’étude de 03 paramètres acoustiques de la voix :
-
L’hauteur tonale ou fréquence fondamentale, exprimée en Hertz, représentée par le nombre de cycle vibratoire (ouverture – fermeture) par seconde

- L’intensité, exprimée en décibels,

- Le timbre

Le signal acoustique de la voix est très instable, et la voix varie en permanence dans son intensité et dans sa hauteur (intonation). Les 3 paramètres acoustiques peuvent être étudiés séparément, indépendamment les uns et des autres ou mesurés en même temps. Cela dépend des moyens d’analyse dont on dispose
Une des premières questions que l’on doit se poser est : Que va-t-on quantifier pour apprécier la qualité de la voix ? Sur quel matériel phonétique va-t-on travailler ?
Les différentes mesures doivent permettre d’évaluer la qualité de la voix et surtout la gêne du patient, d’apprécier ce que va apporter le traitement proposé, qu’il soit médical, chirurgical ou rééducatif et donc de faire le même bilan instrumental avant et après. Cela dépend donc de la profession du patient, du temps et des moyens dont on dispose.

CONCLUSION

Cette recherche a 02 ordres d’apports scientifiques, pédagogiques et clinique:

Ø- celui de dresser un protocole phonétique trilingue qui seras mis à la disposition de l’orthophoniste des services d’ORL algériens

Ø- celui de ranger les critères acoustiques du système phonétique et phonologique du laryngectomisé une fois rééduqué, ce qui présente l’avantage de disposer d’un système normatif acoustique.

 —————————-

 1-, 2003, Les mutilés de la voix, Journée d’étude, Département de Psychologie, de sciences de l’Education, et de l’Orthophonie, Université d’Alger, 20mars2003

2-……………………..,2004, La voix après lez silence, Journée d’étude, Département de Psychologie, de sciences de l’Education, et de l’Orthophonie, Université d’Alger, 20mars2003

3-Nacira ZELLAL (sous la dir), 2005, Lamia BENMOUSSA, N. TIGAMOUNINNE, N. LARIBI, S. LAMARA MOHAMED, Terminologie arabe en science humaine, base pour un dictionnaire, Société Algérienne d’Orthophonie et le Laboratoire Science du la Langage et de la Communication, Revue VOULOIR, Rouiba, Alger, novembre, pp. 17-19.

4- Lamia BENMOUSSA, 2006, Réapprendre à parler en milieu clinique Algérien, X°Journées Médico-Chirurgicales du CHU Beni Messous, table ronde sur la pathologie du larynx, CHU Beni Messous, 18 janvier

 Dr. L. BENMOUSSA

Orthophoniste, chercheur
 

Publié dans : Articles et communications | le 29 décembre, 2010 |Pas de Commentaires »

NEUROPSYCHOLOGIE

C’est la première neuropsychologue algérienne, actuellement elle est enseignante à l’université d’Alger. Cette mise au point à été publiée dans le quotidien d’Oran (02/03/10).

par Pr. Nacira Zellal *

Suite à l’article paru dans le Quotidien d’Oran du 22/02/2010, p. 13, intitulé «Victimes d’une attaque cérébrale. Rendus muets, la musique leur rend la parole», je voudrais apporter quelques informations.
Lorsqu’un sujet est victime d’un accident vasculaire affectant le lobe antérieur de l’hémisphère majeur (gauche chez le droitier), il ne devient pas muet, il devient aphasique. L’aphasique ne perd jamais totalement le langage, quelles que soient la topographie et l’extension lésionnelles. Sa rééducation neuropsychologique est pratiquée par l’orthophoniste spécialisé en aphasiologie, au sein des services neurologiques. Dans le cas d’une réduction psycholinguistique sévère, forme d’aphasie motrice (aphasie de Broca), le sujet est inhibé dans son langage oral, bien qu’il en conserve la compréhension. L’écriture devient le mode de communication résiduel. Dans le cas d’une jargonaphasie, forme d’aphasie sensorielle (aphasie de Wernicke), le sujet est diffluent et la compréhension est altérée.

Le neurologue anglais John Hughlings Jackson a relativisé cette dichotomie en découvrant, en 1915, que tous les aphasiques perdent le langage volontaire, mais conservent le langage automatique. Il a développé le concept de «Dissociation Automatico-Volontaire». Par exemple, si l’on demande au patient de boire de l’eau, il ne le fera pas ; mais, s’il a soif, il boira de façon spontanée. La musique fait partie du registre des automatismes chez l’homme : les paroles d’une chanson nous reviennent lorsqu’on en fredonne l’air. En outre, la musique et tous les stimuli qui ne se verbalisent pas (exemples : la reconnaissance des visages, de l’espace-temps), sont gérés par l’hémisphère droit. L’imagerie médicale, introduite en rééducation aphasiologique à la fin des années 80 au Groupe hospitalier Pitié-Salpétrière a montré l’activation des zones cérébrales de l’hémisphère droit, lorsqu’en cours de rééducation, l’aphasique moteur récupère le langage oral. Les fibres associatives entre les deux hémisphères ont toute leur explication dans ce phénomène, au point qu’aujourd’hui, on parle de connexionnisme. Il est donc normal que la musique, lorsqu’elle intervient comme porte d’entrée pour la rééducation, stimule le patient et l’aide à produire du langage oral.

Par conséquent, dissociation automatico-volontaire et compensation par l’hémisphère droit sont deux découvertes anciennes qui expliquent pourquoi la musique aide l’aphasique à reparler.

Or, l’article présente les travaux du neurologue Gottfried Schlaug, Professeur à l’Université de Harvard et la vidéo qu’il a projetée à la Conférence de l’American Association for Advancement of Science, comme étant le fait d’une invention.

Un facteur supplémentaire démontre l’ancienneté de l’efficacité de la musique en neuropsychologie. La MIT, Melodic Intonation Therapy dont l’article fait également état, a été, en fait, découverte en 1975 par deux chercheurs américains : William Sparks et Audrey Holland. Utilisée comme méthode de rééducation de l’aphasique moteur, la MIT a fait l’objet des travaux mondialement connus de l’orthophoniste Philippe Van Eekhout, dont je fus la stagiaire à la fin des années 70 à la Clinique Saint Coûme de Juvizy et à sa Consultation de la Pitié Salpétrière. Il nous a initiée à la TMR, la Mélodie Thérapique Rythmée (1).

Suite à la création en 1987 du magistère d’orthophonie à l’Université d’Alger, a été soutenue une thèse en 1995 dans la thématique de la rééducation de l’aphasique arabophone, à travers l’adaptation de la MIT aux versets coraniques. L’auteur, qui a bénéficié d’un stage chez Ph. Van Eekhout, est actuellement Maître de Conférences au Département de psychologie, des sciences de l’éducation et d’orthophonie de l’Université de Bouzarreah et enseigne cette méthode depuis près de 15 ans.

Alimentées par l’idée que rythme et mélodie sont des paramètres spatio-temporels, nos recherches nous ont permis d’aboutir, dans l’optique de Jackson, à l’unification des déficits et de proposer un modèle théorique de rééducation neuropsychologique, valable pour tous les aphasiques. Basé sur la réhabilitation de la notion cognitive de structuration spatio-temporelle du sujet cérébro-lésé, ce modèle ouvre de nouvelles voies en neurosciences cognitives (2) (3) (4) et (5).

* Neuropsychologue

Notes :

1. Philippe Van Eekhout, «Rôle de l’hémisphère droit dans la rééducation de l’aphasie» et «Rythme, Intonation Accentuation : la rééducation des aphasies non fluentes sévères», Actes du IX° Colloque Scientifique d’Orthophonie, Palais de la Culture, Alger, 16-17/12/1992, publiés dans la Revue de la Société Algérienne d’Orthophonie (SAOR), n°1, pp. 99-111 et 153-167.

2. N. ZELLAL, «L’aphasie n’est plus dichotomie, essai de démonstration sous l’angle de la psychologie cognitive », GLOSSA, UNADRIO, Iceberghes, n° 23, 1991, pp. 34-45.

3. …………… «One type of aphasia and one type of disturbance», 7th World Congress of IBRO, Melbourne, 12-17/07/ 2007.

4. ……………, «Naissance de la neuropsychologie en Algérie, une expérience de 30 ans», Colloque International de Neurosciences, NEF, ENS de Lyon, 23-26/03/2009.

5. ……………, «Rééducation des troubles aphasiques du patient arabophone», Colloque du Laboratoire des Sciences Cognitives (LASCO), Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Université Sidi Mohammed Abdellah, Fes, mars 2010.

Par Haddar Yazid

Publié dans : Neurosciences Cognitives | le 29 décembre, 2010 |Pas de Commentaires »

HISTORIQUE DE L’ORTHOPHONIE EN ALGÉRIE : VERITE

Il m’a été donné de consulter le blog de ma camarade Sam Nadia, et j’ y ai relevé des données inexactes et des manques sérieux, en ma qualité d’orthophoniste, chercheur je ne saurais taire  ces inexactitudes qui tromperont le lecteur.

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Publié dans : Histoire de l'orthophonie en Algerie | le 29 décembre, 2010 |Pas de Commentaires »
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